lundi 20 avril 2009

Musik - reflections (2).

Musique et amour.
Si les mots et les images nous pénètrent, la musique nous habite.
J'ai découvert hier soir Philippe Jaroussky dans un récital autour des mélodies françaises du 19e siècle. Reynaldo Hahn, Ernest Chausson, Gabriel Fauré... C'était fabuleux et impressionnant, non seulement dû à cette voix toute particulière de haute-contre, manié avec beaucoup d'aisance dans une diction très claire, mais aussi par la force qu'insuffle la musique au texte, et plus particulièrement au poème d'amour. Je n'ai pu m'empêcher de penser tout au long de ce récital: que serait la musique sans amour ? Et que serait l'amour sans musique ? Elle seule parvient à rendre les sentiments les plus délicats si proche de nous et si doucement profond qu'on en dirai pouvoir sentir le souffle de notre âme. Les émotions et sentiments qui nous submergent à l'écoute d'une musique nous conduisent dans nos propres jardins secrets. 
À propos d'une sonate de Franck, François Sabatier nous dit qu'elle oeuvre à installer une "sensation de vague, d'indécision, de suspension qui fait naître l'idée, imprécise mais latente, d'un désir inassouvi et du mélancolique espoir qu'il engendre (...)." (François Sabatier, Miroirs de la musique - tome 2,
Cette observation se transpose aisément à certaines mélodies, et aux accompagnements évocateurs des poèmes inspirés de sentiments intimes de la même époque.

"La plupart des melodies, la plupart des textes, la plupart des poésies, font appel au domaine du rêve (...) c'est une musique vaporeuse, capiteuse (...) c'est un répertoire qui fait appel aussi à l'inconscient, qui sort sans qu'on le contrôle... donc cette volonté d'abandon, de laisser le domaine du conscient pour se diriger vers le domaine du rêve (...)" (Philippe Jaroussky, à propos d'Opium)


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